samedi 21 janvier 2012

Au carreau du Temple, un atelier devenu restaurant



   Au 32 rue de Picardie, à deux pas du Carreau du Temple, ne restez pas à la terrasse du café. Entrez. La surprise se niche au fond, dans la grande salle. Des poutres métalliques, une grande verrière : oui, avant d’accueillir le restaurant Chez Guillaume puis le Café rouge, ce lieu a bien été un atelier, bien représentatif de ce que fut le tissu économique de ce quartier, à mi-chemin entre l'artisanat et la petite industrie. 
Dans les années 1880, l’immeuble appartenait à Victor Prat, graveur, estampeur et mécanicien. L’entreprise, fondée en 1802, proposait des "galeries, boîtes et apprêts pour bijouterie dorée et acier". Elle reçut à ce titre des médailles d’or et d’argent lors de l’exposition universelle de Paris en 1889.
A l’époque, on trouve aussi à cette adresse la maroquinerie de Louis Peschard, "spécialité porte-monnaie, cigares et cigarettes à cadre". Le fonds de commerce est cédé en 1903 aux fils Peschard.
En avril 1901, l’immeuble est vendu aux enchères. Mis à prix 125.000 francs, il part à 206.000 francs. Mais sur place, l’activité de gravure et d’estampage se poursuit. En 1913, la famille Prat est associée à un certain Robert Joseph. A la fin des années 1950, celui-ci est toujours dans les lieux, sans Prat, pour de la bijouterie fantaisie.
L’autre intérêt du 32, rue de Picardie se cache semble-t-il au sous-sol. Dans les années 1920, on y trouvait encore le dernier vestige d’une des quatre tours d'angle du Temple, cette forteresse bâtie par les Templiers et détruite en 1808. Un cercle en pierres de taille, d’un diamètre intérieur d’environ 4 mètres. Est-il toujours visible aujourd’hui ? That’s the question.


La verrière et les poutres métalliques
(janvier 2012)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire