dimanche 14 juillet 2013

Mermet, une fabrique de peignes près des Buttes-Chaumont

La façade du 35 rue Clavel, avec son enseigne en mosaïque (juillet 2013)
35 rue Clavel
Métro Pyrénées

Rue Clavel, à deux pas des Buttes-Chaumont, un petit bâtiment bas en U coincé entre deux grands immeubles résiste aux sirènes des promoteurs. Sur la façade, une enseigne en mosaïque typique des années 1920 : ici se trouvait avant guerre la fabrique des "Peignes A. Mermet", comme il est indiqué en lettres d'un bleu éteint sur fond jaune.

Facture émise par Mermet en 1912 (doc. communiqué par Alain Faure).
On y lit la mention au tampon "Transféré 35, rue Clavel (XIXe)" 
Auguste Mermet était issu d’une famille dont certains membres fabriquaient des peignes de longue date, en particulier dans l’Ain et le Rhône. 

Son entreprise connut une évidente prospérité. Au début des années 1910, l'affaire dénommée Au Répertoire du Peigne affichait fièrement quatre implantations. 

La première citée, la plus ancienne sans doute, était Oyonnax, un bourg de l’Ain connu pour ses peignes en bois depuis le moyen-âge et converti avec succès au celluloïd au dix-neuvième siècle puis au plastique au vingtième. Les autres sites de Mermet se trouvaient à Ivry, à Ezy-sur-Eure, une commune normande dont les paysans fabriquaient eux-aussi des peignes depuis des siècle, et à Paris.

Dans la capitale, le premier atelier des peignes Mermet se situait déjà sur les hauteurs de Belleville. Il donnait à la fois 37 Villa Faucheur et 3 rue des Envierges. 

Les baies vitrées du petit bâtiment (juillet 2013)
Vers 1912, Mermet déménagea non loin, au 35 rue Clavel. Les locaux d'alors avaient été construits en 1879 pour Hinal, un couvreur et plombier qui y était resté des années. Ils venaient d’être utilisés par un fabricant d’accumulateurs électriques appelé Heymann et Billaudel – lui n’avait semble-t-il tenu qu’un an. 

C’est durant les années 1920 qu’Auguste Mermet fit construire en plusieurs étapes les bâtiments actuels de la rue Clavel, comprenant à la fois un atelier, un magasin et un logement. Homme moderne, il eut recours pour l’occasion aux services de la société Hennebique, le grand spécialiste du béton armé. 

L’atelier a fermé ses portes avant la seconde guerre mondiale. 

Avec ses baies vitrées et sa mosaïque, le bâtiment demeure aujourd’hui rue Clavel le seul témoignage de ces entreprises, à mi-chemin entre l’artisanat et l'industrie, qui fourmillaient autrefois dans tout ce quartier populaire. 

Il suffit pour s’en convaincre de consulter l’annuaire Hachette de 1913. Au 5 rue Clavel, on trouvait alors Albin (celluloïds). Au 7, les frères Theumann, fabricants de conserves alimentaires. Au 9, les frères Simon et leur usine de passementerie. Au 12, Grelault, fabricant de corsets, et Paquier, cartonnier. Au 23, les plumeaux Cordier. Au 32, H. Tourneux, décolleteur. Les peignes Mermet venaient clore la liste au 35. 

Mandat émis par la fabrique de peignes Auguste Mermet (1921)
Mandat de 1921 (détail) 

4 commentaires:

  1. il y en a tant ; j'espère aussi que celui-ci restera debout encore longtemps.

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  2. merci ! habitant à côté j’adore cette maison et me suis tjrs demandée ce qu'elle avait abritée !! Parfois je rêve secrètement d'y habiter ;-)

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  3. Encore merci !
    Je vous cite à nouveau.
    Nous avons visité le quartier au mois d'août dernier....vide... et nous avons eu pas mal d'occasion de discuter avec des habitants du quartier

    http://lefenetrou.blogspot.fr/2016/12/paris-au-mois-daout-2016-menilmontant.html

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