mercredi 3 août 2011

Les ateliers Hachette, rue Stanislas

L'ensemble immobilier actuel du 9 rue Stanislas (juillet 2011)

Un livre imprimé rue Stanislas
   Déception rue Stanislas. Au numéro 9 de cette rue du sixième arrondissement, un ensemble de quatre bâtiments d'habitation construits vers 1980 et sans guère d'intérêt. Rien ne subsiste des vastes ateliers Hachette, dans lesquels furent imprimés, brochés et reliés tant et tant de livres pendant des dizaines d'années, de la Comtesse de Ségur à "Mickey contre Ratino". 


En 1838, c'est d'abord une usine d'équipements pour l'industrie textile qui est construite ici, sur un emplacement alors inoccupé. Elle appartient à Pierre-André Decoster, un ingénieur mécanicien d'origine belge qui, s'inspirant des techniques qu'il a vues à l'oeuvre en Angleterre, a déjà ouvert deux ateliers dans le quartier, l'un passage Laurette (l'actuelle rue Joseph-Bara), l'autre rue Notre-Dame-des-Champs, et a besoin de locaux supplémentaires pour répondre à la demande. Sur place, on fabrique des broches, des métiers pour les filatures de lin. La Révolution industrielle est en marche...


Quelques années après la mort de Pierre-André Decoster, c'est Hachette qui prend possession des lieux. En 1876-1877, la maison d'édition et de distribution de livres construit rue Stanislas, à l'instigation de Georges Hachette, d'importants ateliers pour brocher et relier ses ouvrages, puis une imprimerie complète.



En 1884, grande nouveauté, Hachette fait installer sur place la lumière électrique. Pas moins de 400 lampes à incandescence de la société Edison sont mises en service.

Mais l'électricité n'est pas seulement une fée. En septembre 1897 -les ateliers fonctionnent donc depuis une petite vingtaine d'années-, un violent incendie se déclare sur place : deux fils électriques se sont semble-t-il touchés, et ont communiqué le feu à une boiserie. Le compte-rendu du Petit Parisien permet d'en savoir davantage sur les installations.


« Ces ateliers se composent de trois corps de bâtiment placés parallèlement et séparés par deux courettes, indique le quotidien. La construction du milieu, la seule qui ait été détruite par le sinistre, était haute de deux étages. Le rez-de-chaussée était réservé à la brochure et à la reliure; le premier et le second étage étaient occupés par les ateliers de brochure et de pliage. Trois cents ouvriers et ouvrières y étaient encore employés. Ces pauvres gens sont aujourd'hui sans travail."

Quant à l’origine de l'incendie, elle paraît claire. Hachette avait récemment fait installer l'éclairage électrique dans le bâtiment en cause. "Les essais préliminaires de la force motrice avaient eu lieu jeudi soir, pendant une heure, en présence de l'ingénieur, qui avait renouvelé vendredi les expériences, note Le Petit Parisien. Chaque atelier était desservi par une ligne spéciale, et les essais, très satisfaisants, avaient pris fin à six heures et demie. Après la départ des ouvriers, deux rondes avaient été faites dans les ateliers; rien d'anormal n'avait été remarqué et, leur service terminé, les gardiens de nuit logés dans les ateliers étaient rentrés chez eux. Le feu pourtant couvait déjà et devait éclater quelques heures plus tard avec la violence que l'on sait."

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