dimanche 3 juillet 2011

Les procédés Dorel, rue de Tocqueville


La façade des Procédés Dorel (décembre 2011)
Des "Procédés Dorel", il ne reste que la façade. Mais quelle façade ! Elle est d'ailleurs classée. Au 45, rue de Tocqueville, dans le dix-septième arrondissement, le passant peut admirer un magnifique immeuble Art déco de quatre étages, avec de multiples inscriptions et des mosaïques polychromes dont les couleurs - rouge, vert et or - évoquent aussi l'Art Nouveau. 

Cette façade date du début des années 1920. L'immeuble a été construit pour l'entreprise Dorel par l'architecte Frédéric Bertrand (1869-1956), diplômé de l’école des Beaux-Arts en 1893, et auteur de nombreux immeubles à Paris. 

A l'époque, la société Dorel existe déjà depuis une vingtaine d'années ("Maison fondée en 1900" indique le fronton). "Dorel père et ses fils", qui deviendra "Dorel frères" puis "Les procédés Dorel", est spécialisée dans la reproduction de dessins, plans d'architectes, devis, cahiers des charges, etc. 
Les frères sont ingénieurs chimistes, licenciés ès sciences. Félix Dorel (1875-1942), qui deviendra le seul propriétaire, a mis au point des procédés de reproduction à base de gélatine, permettant de réaliser des photocopies avant l'heure. Ce sont les fameux "Procédés Dorel" qui donnent leur nom à l'entreprise. Félix Dorel est aussi artiste, et certaines de ses aquarelles sont visibles ici, sur le site internet de sa petite-fille Anne Dorel. 

La société a d'abord été installée au 92 rue Saint-Lazare, puis au 52, rue de Lévis. Dans les années 1910, c'est un hôtel proposant aussi des vins, Gayraud, qui occupait le 45 rue de Tocqueville. En juillet 1921, Félix Dorel obtient un permis de construire pour construire sur place l'immeuble industriel de trois étages dont il a besoin, avec de grandes baies éclairant les ateliers au premier étage. Il ajoutera un quatrième étage, faisant saillie, en 1934. "Le dernier étage était réservé aux appartements de la famille, se souvient Anne Dorel. Dans mon enfance, j'allais, non sans fierté, voir mon père dans son bureau, et j'y rencontrais mes oncles et cousins... Ma grand-mère, femme de Félix Dorel, habitait tout en haut." 

Le Matin, juillet 1924
Une publicité de 1934 pour Dorel
L'entreprise des "Procédés Dorel" imprimera ou réimprimera également des livres, jusqu'au début des années 1970 ("Dix essais sur les villes des pays sous-développés", de Milton Santos, sort en 1970)

En 1998, l'immeuble a fait l'objet d'une lourde réhabilitation, pour le reconvertir en logements.  Du bâtiment initial, seule la façade a vraiment été conservée. Une nouvelle restructuration menée par l'agence d'architectes Palissad a été effectuée en 2008-2009, pour transformer la maison Dorel en un immeuble de bureaux de 3.150 m2. Coût annoncé: 7 millions d'euros. 
Les propriétaires Transimmeubles (devenu Emerige) et Natixis ont alors cédé les lieux à la Compagnie foncière du Palais-Royal. 


La façade (décembre 2011)


Document de l'agence Palissad




3 commentaires:

  1. Un petit flux RSS, pour pouvoir être alerté des prochains papiers ? Car on en redemande !

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  2. Je viens d'ajouter un flux RSS. Il est aussi possible de recevoir les nouveaux messages par mail. Grand merci pour vos encouragements.

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  3. Voila un site vraiment très interressant;
    on ne peu plus en sortir! tant de choses a découvrir,
    sensationnel,
    bravo a vous Monsieur D.Cosnard.
    AD

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