![]() |
| L'immeuble Goepfer vu du pont de la rue Charles Renouvier (novembre 2020) |
5 rue Ramus
Métro Gambetta
Une petite merveille d’architecture industrielle est cachée tout près du cimetière du Père-Lachaise.
On la devine à travers les arbres, en marchant sur le pont de la rue Charles Renouvier. Il faut avancer dans la rue Ramus, s’arrêter au numéro 5 de cette voie calme.
Ici se trouve une ancienne usine de boutons, à la silhouette intacte. L’ossature est en béton armé, parée de briques ocre. De grandes et nombreuses fenêtres trouent l’imposante façade, de manière à faire entrer toute la lumière possible dans les ateliers. Une mosaïque parfaitement conservée annonce la raison sociale : « ETABLISSEMENTS GOEPFER ».
![]() |
| La façade, avec sa mosaïque (novembre 2020) |
Ce beau bâtiment date de la fin des années 1920. Trois autorisations de construire ont été accordés à la société Goepfer, en 1925 et 1928 pour des ateliers aux 3 et 5 rue Ramus, puis en 1929 pour ajouter deux étages au 5. Dans les trois cas, l’architecte se nomme Roger Lelièvre. Né à Paris en 1886, il a obtenu son diplôme en 1913.
Pour les Goepfer, la construction de ce bel immeuble industriel marque une forme d’apogée. La famille travaille alors le métal dans le quartier depuis plusieurs dizaines d’années. « Le métal au service de la mode depuis 1870 », tel sera plus tard son slogan. Dans les années 1880, la société Goepfer père et fils, « mécanicien à façon », est en tous les cas installée rue des Rondeaux. Et à partir des années 1900, les Goepfer sont propriétaires du 5 rue Ramus, où ils commencent à faire édifier différents bâtiments.
![]() |
| Un des articles de la maison Goepfer : les fixations de boucles d'oreilles |
L’activité de la famille concerne d’abord les « pointes d'acier pour la bijouterie ». Après la crise de 1929, qui stoppe l'essor de la fabrication de clous décoratifs, la société se tourne peu à peu vers les boucles de chaussures en métal, et divers articles en métal pour l’habillement, les boutons en particulier, mais aussi les fixations de boucles d’oreilles.
En 2003, l’entreprise familiale cesse son activité volontairement en raison de la disparition
rapide des ses débouchés. Certains outillages sont vendus en 2005 à la société Erode dans le cadre de la liquidation des actifs. La vieille structure, devenue une coquille vide, est liquidée en 2007 par Patrice Goepfer. Un ensemble résidentiel est installé sur place en 2008.
N.B. : Une fois la façade rue Ramus admirée, le tour du pâté de maisons s’impose. Il fournit de très jolies découvertes rue des Rondeaux et rue Eugénie Legrand.
![]() |
| Rue des Rondeaux, derrière l'usine Goepfer (novembre 2020) |
![]() |
| Au 6, rue Eugénie Legrand (novembre 2020) |




















